Vivant au Japon depuis 5 ans, et résidant a 500Km au nord de la centrale, j'ai suivis les événements avec intérêt. Ma famille, ainsi que mes amis de France, s’inquiétaient pour moi, au vues des informations relayées par les médias (français) disponibles via Google News. Je suis consterné de voir la couverture des événements depuis le début, et surtout le partis pris. Couverture consacrée quasi-exclusivement a la centrale de Fukushima, sans parler du degré de destruction fantasmé : Pays en ruine, fin du monde, enfer, apocalypse les qualificatifs sensationnels ne manquaient pas... Je comprenais enfin les inquiétudes de la famille : On ne leur montraient que le plus sensationnel de ce qui se passait ! Pire, des qu'un tremblement de terre se produisait, et en un mois il y-en a eut, les média remettaient une couche sur la centrale, tout en oubliant les gens qui, victimes de tsunami, s'organisent pour déblayer et reconstruire! Et toujours en filigrane, la « supériorité » française dans le nucléaire vis avis du Japon. Toujours des doutes, ou des avis contraires sur ce qu'on faisait a Fukushima... qu'on ne cesse de comparer a Tchernobyl, toujours en prédisant le pire !
Mais est-ce réellement le cas ? Dans un sens, oui, car pour Tchernobyl, peu d'informations avaient filtrées jusqu'au publique ! Or, avec Fukushima, dans l'heure qui suivit, la nouvelles, et les premiers relevés de radiations étaient disponible sur le net. Et dans ce cas, difficile de cacher quoique ce soit... Mais, revenons sur Tchernobyl, et l'explosion qui y s'est produite. La centrale était en fonctionnement et la situation est devenue hors de contrôle, emballement, et explosion, avec projection du carburant dans l’atmosphère et sur des kilomètres a la ronde, un peu comme un volcan. Non seulement la centrale était source de radioactivité, mais chaque morceaux de combustibles éparpillés l’était aussi ! Pour faire simple : Imaginez les éclaboussures d'une goutte d'huile sur une feuille de papier, chaque tache s’étend. Et bien, la feuille de papier c'est l’Ukraine et les taches d'huiles, les zones radioactives.
Que s'est-il passé a Fukushima ? Déjà personne ne sait exactement ce qui s'y passe, mais il y-a des choses que l'on peut affirmer : 1 – La centrale était en arrêt automatique suite au tremblement de terre. 2 - L'explosion n'a pas projetée de combustible. 3 – Le combustible chauffe
Et c'est suffissant pour voir la différence avec Tchernobyl : On ne peut pas comparer. Pourquoi ? Ici notre tache d'huile n'a pas fait éclaboussures, et surtout notre tache ne s’étale pas.
Dans le cas de tchernobyl, au moments des faits, personnes ne pouvaient savoir, au moment des faits, quelles zones étaient dangereuses ou non. Avec Fukushima, au moment de la catastrophe, on le savait : les abords immédiats de la centrale.
Ensuite, dans le cas de fukushima, il y-a la radioactivité déposée par les rejets gazeux, le fameux nuage, comme pour tchernobyl, vous savez celui qui s’était arrêté aux frontières de la France... Mais ce ne sont certainement pas les seuls nuages radioactifs qui ont survolés la france : Le nombre d'essais nucléaire en plein air, en comptant les deux bombes atomiques qui ont frappes le Japon, ont relâchés des éléments radioactifs qui se sont répandus eux aussi...
Et maintenant que dis la presse française ? Pas un mot sur l’évolution, et le travail acharné des japonais sur le site de Fukushima, citons :
Construction d'une digue en mer pour retenir l'eau contaminée près de la centrale, les contrôles effectués par les autorités sanitaire japonaises sur la nourriture, la gestion des évacués, les coffres-forts retrouvés et apportés aux poste de police (plusieurs millions de yens), construction d'un site de stockage pour y placer le combustible de fukushima...
Au japon, nous sommes continuellement informé de l’évolution de la situation, et les autorités japonaises n'ont pas a rougir de leur gestion de la crise : La situation est stable, les zones potentiellement dangereuses sont évacuées, la nourriture est strictement contrôlée, et surtout personne ne cherche a fuir, ou minimiser ses responsabilités ( comparez avec l'affaire du médiator...).

